EDITIONS PRECEDENTES


Retour sur la pleine réussite de la cinquième édition des "Grands Prix Objectif" 2010

Objectif Languedoc-Roussillon a réuni pour la cinquième fois les principaux acteurs de l’économie régionale pour une soirée centrée sur des entreprises performantes de la région. L’opération se fait sur les mêmes bases que les quatre années précédentes : un panel d’entreprises repérées par les réseaux économiques, et un jury de spécialistes par département. Originalité de l’opération : les entreprises ne postulent pas, et découvrent donc après coup qu’elles ont été choisies par le jury ! Le pari est audacieux, mais permet de donner un coup de projecteur sur des sociétés parfois peu médiatisées.


Les prix ont été remis par les principaux acteurs de l’économie régionale : le CIC Société Bordelaise, Innov’up, le Conseil régional de l’ordre des experts comptables, SFR, la CCI de Montpellier, Transferts LR, la Région Languedoc-Roussillon,  le Conseil Général de l'Hérault, Languedoc-Mutuailité et Oséo. Le parrain de la soirée était Patrice Canayer, manager général du MAHB.
10 Prix ont été décernés lors de cette soirée :
  • 5 prix départementaux (Aude, Gard, Hérault, Lozère et Pyrénées-Orientales)
  • 5 Prix spéciaux (Jeune pousse, Coup de coeur, Economie sociale et solidaire, Développement durable et le Décideur de l'année 2010).
Cette année, le palmarès a distingué au plan régional Ana Athayde, dirigeante de la société Spotter dans l'Hérault, une société spécialisée dans la e-réputation des entreprises.


Partenaires de la soirée des Grands Prix Objectif 2010 :

Transferts LR, la Région Languedoc-Roussillon, le Conseil régional de l’Ordre des Experts-comptables, le CIC Société Bordelaise, Innov’up, le Conseil Général de l’Hérault, Husser Traiteur, La Chambre de commerce et d’industrie de Montpellier, SFR Méditerranée, Oséo, Languedoc Mutualité, la Communauté d’agglomération de Béziers Méditerranée, la Caisse des Dépôts, Satellite Multimédia, Pescatore et Choosit..

Les lauréats 2010


Un décideur par département :
 

Grand Prix Objectif “Décideur de l’année 2010”

Grand Prix Objectif “Décideur de l’année de l'Hérault”

Spotter - Ana Athayde : la “ traqueuse ” de l’info

Crédit photo : Edouard Hannoteaux

Internet est une agora permanente où, de blogs en forums, les opinions fusent sans restriction. Pour surveiller la réputation des entreprises, Spotter a développé une expertise de renommée mondiale. Les plus grands comptes font appel à cette PME de Palavas.

Ana Athayde est un pur produit d’Erasmus, le programme d’échange d’étudiants européens. Portugaise d’origine, armée d’un DESS de marketing du sport à Montpellier, elle décide très tôt de créer son entreprise, très orientée vers le consulting. Ses premiers clients sont des fédérations sportives et des agences de lutte antidopage. « Nous avons aussi travaillé avec le Comité international olympique, plongé en pleine polémique sur la désignation de Salt Lake City pour les JO d’hiver 2002, raconte Ana Athayde. Nous collections et traitions tout ce qui pouvait se dire sur cette institution. » Avec Spotter, Athayde veut s’imposer dans l’analyse d’opinion sur internet. Mais, en 1998, les outils sont inexistants. En attendant que le marché mûrisse, la PME basée à Palavas (34) se tourne d’abord vers les médias traditionnels. Elle utilise des bases de données, dans plusieurs langues, et traite l’information manuellement pour identifier des thématiques fortes en relation avec ses clients.

Collecter ce qui se dit

« En imaginant des outils de text mining et d’analyse linguistique, nous avons automatisé plusieurs étapes de la chaîne d’analyse », explique Ana Athayde. Ce travail de collecte, de traitement, de filtrage et de qualification d’informations est désormais réalisé à partir de nombreux flux : médias, sites web, blogs, forums, Twitter, Facebook, newsgroups, etc. « L’espace public est un matériau sensible, confie Ana Athayde. C’est un espace de liberté. Nous venons pour écouter, pas pour manipuler... » L’offre de Spotter va plus loin que la veille stratégique. Elle fournit des outils d’aide à la décision, où le contrôle qualité de l’information est très poussé. La différence provient d’une combinaison entre la méthodologie et l’humain. « Nous sommes la seule PME du secteur où les effectifs de l’équipe de production dépassent ceux de la R&D », souligne Ana Athayde. Sur un effectif de 27 salariés, 14 d’entre eux travaillent, en effet, sur l’analyse d’informations.

La ligne rouge éthique

Pour recruter ses collaborateurs, Ana Athayde privilégie ceux qui sont étrangers ou ont une expérience à l’international. Spotter travaille en 15 langues différentes. La PME a réalisé 1,6 M€ de CA en 2009, puis 2,5 M€ en 2010, dont 60 % à l’export. De quoi gérer une large palette de clients, entre les institutionnels (Commission européenne), et les grands comptes (énergie, aéronautique, automobile, luxe, etc.). Mais Spotter se donne-t-elle une limite ? « Je n’ai qu’un seul critère : l’éthique, tranche Ana Athayde. Je n’aurais aucun mal à travailler pour le nucléaire, même si je n’y suis pas favorable à titre personnel. Mais je refuserais un marchand d’armes. »

Anthony Rey

Grand Prix Objectif “Décideur de l’année de l’Aude”


Sigma Méditerranée - Pascal Chavernac : un lien entre la technique et les seniors

Crédit photo : Christine Caville

AlloboxTV, c’est le nom qui pourrait bien faire la fortune de Sigma Méditerranée, une société de Carcassonne spécialisée dans les solutions informatiques. Ce kit, à brancher sur la télé, doit permettre aux personnes âgées de se maintenir à domicile. Un marché plus que prometteur…

Pascal Chavernac croit dur comme fer à son projet. Il faut dire que ce géomètre de formation a su se montrer visionnaire… Lorsqu’il fonde Sigma Méditerranée en 1991, Pascal Chavernac est déjà convaincu de l’essor que va prendre internet et oriente immédiatement sa société dans la création de solutions globales de mise en réseau. « Alors que nous mettions au point des outils visio-numériques à distance, j’ai senti qu’il fallait aller plus loin pour répondre à l’isolement des personnes âgées », raconte Pascal Chavernac. L’entrepreneur se met alors au défi de conquérir un marché réputé « technophobe » : les seniors.

Un rôle pionnier

Dans un premier temps, Pascal Chavernac conforte son métier d’origine, notamment par les rachats en 2007 du laboratoire Dauphin Laveur, puis en 2009 d’Abac Informatique, le spécialiste narbonnais du développement internet. Puis toutes les forces vives de l’entreprise se tournent vers son nouveau projet : l’AlloboxTV, qui doit permettre aux personnes âgées de rester en contact avec leurs proches, mais aussi avec une plate-forme médicalisée. « Nous avons déposé cinq brevets à l’INPI (Institut national de la propriété intellectuelle), explique Pascal Chavernac. L’utilisation de cette box est réduite à sa plus simple expression : pas de logiciel, une télé, une webcam et un simple raccordement ADSL suffisent. » L’idée suscite un réel engouement, alors que l’État lance un plan « Vivre chez soi » et que la Région veut jouer, dans ce cadre, un rôle pionnier.

Relais de télé-médecine

« L’enjeu du vieillissement de la population nous oblige à trouver des alternatives acceptables au placement systématique dans des établissements médicalisés, poursuit Pascal Chavernac. En même temps qu’AlloboxTV permettra aux parents et grand-parents de garder un lien visuel avec leurs enfants et petits-enfants, l’instrument pourra également servir comme un relais de télé-médecine. » Soutenue par AG2R La Mondiale, mais aussi par la Région et OSEO, Sigma Méditerranée a réuni plus de 500 000 € pour développer cette box nouvelle génération, qui devrait être produite en phase d’essai à 20 000 exemplaires dès 2011.

Bertrand Tardiveau

Grand Prix Objectif “Décideur de l’année de Lozère”


Orlhac - Jean-Pierre et André Orlhac : du bois de tradition au matériel d’avenir

Crédit photo : Christine Caville

Il y a vingt ans, ils reprenaient l’affaire familiale de menuiserie-charpente, à Saint-Chély-d’Apcher, au pays de la forêt, la Lozère. Aujourd’hui, les frères Orlhac sont à la tête du leader régional des charpentes. Mais la société veut encore plus : s’imposer sur le marché des maisons à basse consommation d’énergie.

«Ces quatre dernières années, nous avons investi 1,15 M€ pour assurer la mutation nécessaire de l’entreprise, passée du modèle artisanal à une structure de 29 salariés », raconte Jean-Pierre. Cet économiste gestionnaire a rejoint en 1994 son frère André (« passé par les compagnons en charpente ») à la tête de la Sarl Orlhac, fondée en 1964 par la famille. À l’époque, le tandem hérite d’une menuiserie artisanale, avec 5 salariés.

Veille technologique

Aujourd’hui, l’entreprise affiche une croissance régulière de 10 à 15 % depuis 1995. Leur secret : l’innovation. À 42 et 44 ans, les frères Orlhac veulent avoir un coup d’avance dans tous les secteurs liés à leur activité : la menuiserie extérieure, la charpente ou encore les maisons à ossatures bois.
« La veille technologique, c’est une culture “maison”, assure André. C’est notre père, Jean, qui nous a transmis cela et cette culture a toujours guidé nos choix dans notre gestion d’entreprise. » Depuis 2008, en effet, « les produits que l’on propose sont en phase avec la réglementation thermique 2012 pour les maisons à basse consommation d’énergie. Actuellement, on est capables de proposer un produit au top, avec huit ans d’avance sur les maisons passives. » La Sarl lozérienne, pionnière dès 1994 dans la fabrication de menuiseries mixtes bois et aluminium, l’est aussi depuis 2000 pour l’intégration d’outils de taille de charpente à commande numérique.

Des charpentes en kit

« Cela représentait, à l’époque, une révolution de notre métier de charpentier, aussi bien au tracé de la charpente qu’à la taille et à la pose, se souvient André. Cela a nécessité la création d’un bureau d’étude interne à l’entreprise avec conception assistée par ordinateur, qui emploie actuellement 5 personnes. » Ce dernier investissement de 815 000 €
(30 % du CA de l’entreprise en 2006) a surtout permis à l’entreprise de proposer sous une deuxième infrastructure,
Charpentes du Massif central, des charpentes en kit aux professionnels de la construction, et d’ouvrir ainsi son offre sur l’axe Clermont-Ferrand-Montpellier, « à des marchés sur lesquels sans cela, on aurait perdu pied ».

Idelette Fritsch

Grand Prix Objectif “Décideur de l’année des Pyrénées-Orientales”


La Confiserie du Tech - Xavier Danjou : la biscuiterie traditionnelle autrement

Photo : Confiserie– Crédit photo : Yann Kerveno

De cette confiserie, on connaît surtout les rousquilles et les chocolats haute couture. Aux commandes, il y a pourtant un homme qui vaut le détour : Xavier Danjou, qui mise sur la vente directe.

De l’expérience, Xavier Danjou n’en manquait pas lorsqu’il est entré dans l’entreprise familiale, La Confiserie du Tech, près de Perpignan. Diplômé de l’école de commerce de Sophia Antipolis, à Nice, il a effectué une partie de sa carrière en Espagne chez… Valeo, l’équipementier automobile. Puis, il est revenu « viur al païs ». À la tête de sa PME, Xavier Danjou poursuit les moulages en chocolat, très haute couture, qui distinguent la maison, ainsi que les biscuits méditerranéens. Mais, surtout, il impose une vision originale du marché dans un environnement marqué par le poids des distributeurs. Xavier Danjou s’efforce de trouver de nouveaux canaux de distribution.

Maison de producteurs

Avec quelques autres entrepreneurs de l’agroalimentaire, Xavier Danjou est à l’initiative de la création, au printemps dernier, de la maison des producteurs : 29 entreprises commercialisent les produits des uns chez les autres, pour mutualiser les surfaces de vente. « Pour moi, la vente directe est fondamentale. C’est du paiement comptant et cela permet de préserver son indépendance financière », insiste-t-il. L’expérience semble concluante. Dans le magasin, 15 à 20 % du chiffre d’affaires est réalisé avec les produits d’autres entreprises. Un deuxième magasin est d’ailleurs envisagé. Une trop grande dépendance à la grande distribution représente, pour Xavier Danjou, « la pire » des solutions.

Mutualiser les réseaux

Une plate-forme de commerce par correspondance sur internet, avec d’autres producteurs également estampillés « Sud de France », a d’ailleurs été lancé. « Dans l’idéal, il faudrait que les entreprises ne soient pas dépendantes à plus de 50 % d’un seul canal de distribution, explique Xavier Danjou. Dans mon entreprise, le magasin représente 10 % du chiffre d’affaires. Si j’en ouvre un second, je peux faire augmenter ce pourcentage. » Et ce, sans compter l’export, la vente par internet ni le réseau actuellement en cours de création. Bref, Xavier Danjou entend prouver qu’on peut encore se développer sans lier son destin au bon vouloir de la grande distribution.

Yann Kerveno

Grand Prix Objectif “Décideur de l’année du GARD”

H2I - Gilles Cavallucci : le dialogue entre la machine et l’homme

Crédit photo : Bertrand Tardiveau

Aujourd’hui, c’est à la mode. Mais à l’époque de la création de H2I, en 2002, pas vraiment. Le « tout tactile » s’est imposé, notamment via les iPhone et les smartphones. Après une année 2009 difficile, la société nîmoise rebondit sur ce marché, particulièrement dans l’électroménager.

La courbe est de nouveau à la mesure des ambitions : en 2010, la croissance s’est élevée de 70 %. « 2009 n’aura été qu’un accroc, assure Gilles Cavallucci, le fondateur et président du directoire. À cause de la crise, nous avons été victimes d’un déstockage massif de nos clients, qui a divisé par trois notre volume de production. » Cette reprise permet de renouer avec le business plan d’H2I tel qu’il a été conçu par Gilles Cavallucci et ses deux associés, Philippe Plantier et Julien Sylvestre, à la création de la société en 2002.

Détecter l’approche

Pour cela, H2I compte s’appuyer tant sur une base technologique solide que sur d’importantes entrées en capitaux.
« Au fil des ans, notre savoir-faire technologique a suscité l’intérêt de partenaires d’envergure, notamment le designer Philippe Starck, qui est entré au capital, précise Gilles Cavallucci.  Par ailleurs, nous avons affiné notre stratégie commerciale et un rapport de confiance durable avec une vingtaine de clients. » Comme il semble loin le temps où, jeunes diplômés de l’École des mines d’Alès, Gilles Cavalluci et ses acolytes imaginaient tout juste H2I (Human intelligent interface) afin d’optimiser l’ergonomie et de minimiser l’encombrement des équipements de la vie quotidienne ! H2I associe, en fait, optoélectronique et algorithmique pour détecter l’approche d’un doigt par rapport un plan : une surface peut donc s’activer d’un simple passage ou effleurement de la main.


L’ère du “tout tactile”

La société entend bien profiter aujourd’hui du « tout tactile » rendu populaire par Apple. Elle s’est ouvert des marchés dans les circuits de l’électroménager, mais aussi dans les cockpits du secteur automobile. « 80 % de notre activité est encore assurée par de la mise en production de petites séries, mais la part que nos licences nous rapportent sur les gros volumes est appelée à grandir dans les années à venir, assure Gilles Cavalluci. Notre credo, c’est innover. Il est inconcevable que les grand-mères ne puissent pas utiliser, en toute simplicité, les instruments high-tech. »

Bertrand Tardiveau

Grand Prix Objectif “Jeune Pousse”

(récompense un(e) jeune entrepreneur ou une jeune entreprise, âgée de moins de trois ans.)


Nosopharm - Philippe Villain-Guillot & Maxime Gualtieri : un rempart contre les infections

Crédit photo : Edouard Hannoteaux

Les microbes sont une richesse. C’est en tout cas ce que veut prouver la jeune PME de biotechnologie Nosopharm, qui développe de nouvelles molécules thérapeutiques. Avec l’aide de l’Inra, elle a déjà déposé deux brevets.

Au cours de l’été, une petite bactérie a fait les gros titres de la presse : le NDM-1, qui a semé un vent de panique chez les chercheurs du monde entier en résistant à tous les antibiotiques connus. C’est pour faire face à ce nouveau type de danger infectieux que Nosopharm a vu le jour. « Les antibiotiques ont connu leur âge d’or entre les années 1940 et 1980, explique Philippe Villain-Guillot, associé à un spécialiste en chimie médicale, Maxime Gualtieri. Depuis, le désintérêt des industriels pharmaceutiques nous a fait perdre notre “coup d’avance ” sur les agents infectieux. Aucune nouvelle classe d’antibiotique n’a émergé jusqu’aux années 2000. C’est inquiétant quand on sait qu’il faut dix ans, en moyenne, pour en développer une… »

 

Avantage concurrentiel

Après avoir travaillé comme prestataires pour la société Déinove, spécialiste des bactéries appliquées aux biocarburants, les deux chercheurs saisissent l’opportunité de créer leur entreprise au contact de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). « Nous sommes les seuls à pouvoir accéder à leurs souches microbiennes, précise Philippe Villain-Guillot. Nous avons développé notre propre technologie, qui permet de découvrir de nouvelles structures chimiques antibiotiques. » Cet accord permet à l’Inra de valoriser des ressources dans le domaine de la santé où, par définition, elle n’est pas présente. Pour Nosopharm, il constitue un avantage concurrentiel pour breveter de nouvelles molécules d’origine microbienne.

Levée de fonds en 2011

« Il faut en général donner aux laboratoires dix bons “candidats” pour espérer que l’un d’entre eux aboutisse comme médicament, poursuit Philippe Villain-Guillot. Nous sommes capables de fournir les dix. » La start-up a déjà breveté deux nouvelles molécules. « Dans notre domaine, la cession de licence à un fabricant de médicaments se négocie aux alentours de 5 M€ par molécule, sans compter les royalties », indique Philippe Villain-Guillot. Le premier contrat de ce type sera signé par Nosopharm d’ici 2014. La start-up devrait procéder à une levée de fonds en 2011 pour booster ses travaux. Il lui faut, en effet, investir afin de trouver un seul « candidat » sérieux pour une future molécule. La bataille a un coût : entre un et deux millions d’euros.

Anthony Rey

Grand Prix Objectif “Coup de Cœur”
(prix décerné par la rédaction d’Objectif Languedoc-Roussillon)

Le Sérignan-Plage (Hérault) - Jean-Guy Amat : précurseur du camping écolo-chic

Crédit photo : Edouard Hannoteaux

Le camping, c’est tendance. Exit le cliché du campeur avec sa canadienne et son réchaud. Aujourd’hui, le camping se la joue haut de gamme avec des bungalows tout confort et des services dignes des plus grands hôtels. Un succès que Jean-Guy Amat avait flairé il y a déjà vingt ans.

Indéniablement, ce n’est pas un patron de camping ordinaire. Depuis 1992, date à laquelle il a repris l’entreprise familiale où il traînait toujours ses guêtres, Jean-Guy Amat ne cesse d’innover dans un secteur certes en plein boom, mais surtout très concurrentiel. Le patron du Yelloh ! Village Le Sérignan-Plage, près de Béziers, y investit d’ailleurs chaque année 2 M€ ! En fait, ce quarantenaire à l’allure gaillarde parle du tourisme comme d’une industrie à très haute valeur ajoutée. « Au niveau national, ce secteur représente 6 % du PIB et 15 % au niveau régional, rappelle-t-il. C’est plus que l’automobile ou l’aéronautique. »

Un lagon de 850 m2

Ancien élève en HEC management, puis du Cycle des hautes études en développement économiques (CHEDE) du ministère des Finances, Jean-Guy aime les chiffres, surtout ceux qui progressent. Le camping, franchisé Yelloh ! Village depuis 2002, compte 40 hectares, dont 13 rachetés au groupe Proméo, et 6 000 lits.
 
En ces temps de crise, le camping de Sérignan-Plage a tiré son épingle du jeu, bénéficiant sans doute d’un effet de mode mais pas seulement... Jean-Guy Amat est un avant-gardiste. Son camping est l’un des premiers à se doter d’un lagon de 850 m2 en 1995. Plus récemment, un centre de balnéothérapie de 3 500 m2 en plein air, paré de quatre bassins aux allures de Grèce antique, attire une clientèle séduite par ce concept unique en Europe.

Des eaux recyclées

En 2007, lorsqu’une charte environnementale est mise en place dans les campings, le Sérignan-Plage est montré en exemple. Il a depuis longtemps intégré ce paramètre, puisque le camping est cerné par le site naturel des Orpellière. De plus, toutes les eaux usées du site sont recyclées de manière autonome. « Ici, quand un petit garçon fait pipi, il arrose un arbre ! » Rien ne se perd, tout se transforme… Y compris les mobil-homes fabriqués sur mesure par des entreprises régionales en tenant compte de leur recyclage en fin de vie et d’une décoration haut de gamme. Des projets qui, chaque fois, voient le jour non sans mal, « faute d’accompagnement par l’État dont les réglementations abusent de précautions. » Prochain défi : « l’accueil de séminaires ». Après les cadres supérieurs nouvelle clientèle des campings, Jean-Guy Amat vise les patrons.

Ysis Percq

Grand prix Développement durable (Nouveauté 2010)

Éco cup (Pyrénées-Orientales) - Emmanuel Torrent : le bon filon des verres recyclables

Crédit photo : Yann Kerveno

Du festival des Vieilles Charrues aux Eurockéennes de Belfort, en passant par le Stade de France, Éco cup est partout. Son concept est pourtant assez simple : remplacer les gobelets jetables par d’autres réutilisables. Au final, des centaines de tonnes de déchets sont économisées.

Au départ donc, une idée somme toute assez basique : créer une association pour changer la feria de Céret, dans les Pyrénées-Orientales, et y promouvoir un système de verres réutilisables sous caution, au lieu des traditionnels gobelets voués à finir écrasés sur le sol… L’idée a, en fait, été « piquée » en Allemagne et en Catalogne. Mais, ce qu’Emmanuel Torrent, l’un des initiateurs du projet, n’avait pas prévu, c’est le succès rencontré. Associé à trois événements il y a trois ans, Éco cup en a assuré 300 cette année. L’association loi 1901 a rapidement dû se muer en entreprise. Au bout du compte, elle estime l’économie de déchets réalisée entre 230 et 270 tonnes.
 

Une caution de 1 €

Prêtés contre une caution de 1 €, qui sert à rétribuer l’entreprise si les verres ne sont pas ramenés, les gobelets recyclables sont plébiscités. Du festival des Vieilles Charrues à la feria de Dax en passant par les Eurockéennes de Belfort et le Stade de France, Éco cup est partout… sauf dans la région. « C’est curieux de voir que nous sommes présents sur les dix plus grands festivals de France, mais que nous ne travaillons quasiment pas ici », regrette Emmanuel Torrent. L’entreprise, qui a employé jusqu’à 150 personnes cet été pour assurer toutes ses prestations, a même imaginé toute une gamme autour des verres. « Nous proposons de la fourniture simple des verres à la prestation complète qui englobe aussi la sérigraphie et la gestion sur place pour le lavage et le séchage. »

Un vecteur de com’

Pour Emmanuel Torrent, le succès de l’entreprise - elle a créé 11 emplois fixes, dont 4 en insertion - réside davantage dans les résultats qu’elle obtient sur l’environnement que dans le chiffre d’affaires. « Ce qui m’intéresse, c’est de voir 50 000 personnes quitter un lieu festif à deux heures du matin en laissant un site propre… Nous savons aussi que l’utilisation de verres réutilisables dans certains lieux permet un gain de 60 % sur le temps de nettoyage. » Respectueux de l’environnement, le verre Éco cup se révèle aussi un bon vecteur de communication. « On voit parfois le verre se transformer en souvenir de la manifestation, raconte encore Emmanuel. Il n’est pas rare que les gens repartent avec le verre, qui au final leur coûte juste l’euro de caution. »

Yann Kerveno

Grand prix Économie sociale et solidaire (Nouveauté 2010)

Mille et une façons - Michel Mathieu (Gard) : le goût de la valeur humaine

Crédit photo : Bertrand Tardiveau

Il a fondé sa société à partir de ses indemnités de licenciement, soit à peine 1 500 €. Michel Mathieu dirige désormais une entreprise sous-traitante de conditionnement de 9 salariés, dont 6 travailleurs handicapés. Mille et une façons vient même de lancer ses propres marques.

Une aventure entrepreneuriale tient parfois à peu de choses. C’est un peu ce qui est arrivé à Michel Mathieu. « Frigoriste de formation, je suis devenu commercial pour une multinationale de l’agroalimentaire », raconte le dirigeant. En 1997, il veut prendre des fonctions d’encadrement. Ce sera à Module 30, un atelier protégé où travaillent des personnes handicapées. Mais l’entreprise se trouve en cessation de paiements et ferme en 2002.

Sous-traitance

Avec une partie du personnel de l’atelier, Michel Mathieu décide de lancer son affaire sur la base de son expérience dans l’agroalimentaire. « Quoi qu’il puisse arriver, les gens auront toujours besoin de manger, sourit-il. J’ai lancé la société avec mes indemnités de licenciement, soit 1 500 €. »

Baptisée Mille et une façons, l’entreprise se spécialise dans la sous-traitance à façon pour des donneurs d’ordres comme Ducros ou La Tisanière : « Un travail manuel de conditionnement d’épices et d’herbes aromatiques, tout ce qu’il y a de plus simple », assure le gérant. Rapidement, Michel Mathieu comprend l’intérêt de créer de la valeur ajoutée sur les produits que sa société conditionne. En 2004, il dépose la marque Péchés de Provence pour lancer toute une gamme de produits gourmands à destination de l’épicerie fine, des hôtels de luxe, et des grandes entreprises. « L’idée consistait à mettre en avant tout le savoir-faire qualitatif du travail handicapé », raconte-t-il. Le succès est au rendez-vous. La marque sera diffusée via internet dès 2011.

Marchés de niche

La société Mille et une façons persiste donc sur cette voie, quitte à rester sur des marchés de niche, en créant Rizôfruit, une gamme originale de produits associant riz de Camargue et fruits secs (olives noires, figues, etc.). « Plus de 30 000 boîtes seront mises dans les rayons des grandes surfaces dans les mois qui viennent », assure Michel Mathieu. Tout cela a un coût (120 000 € pour deux nouvelles machines), mais aussi un joli retour : un nouveau salarié doit être recruté.

Bertrand Tardiveau
 
Partenaires
Site Objectif LR.com
CIC bordelaise Pole Emploi Experts Comptables Conseil Général de l'Hérault Région Languedoc Roussillon Préfecture de Région Innovup
CCI Montpellier Montpellier Agglomération Caisse des dépôts Soridec